Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, a appelé à une coopération internationale « sincère » pour faire face aux défis du Sahel, tout en insistant sur le rôle central des États de la région dans la gestion de la crise.
Intervenant à Lomé lors du lancement de la nouvelle stratégie togolaise pour le Sahel (2026–2028), il a salué une initiative qu’il considère adaptée aux réalités sécuritaires actuelles. Il a toutefois souligné que toute action doit rester coordonnée, cohérente et respectueuse de la souveraineté des pays concernés.
Le chef de la diplomatie malienne a également insisté sur la nécessité d’une approche globale de la crise sahélienne, estimant qu’elle ne peut être réduite à sa seule dimension sécuritaire. Selon lui, les enjeux économiques et géopolitiques doivent être pleinement intégrés pour mieux comprendre la menace terroriste.
Revenant sur les origines de l’instabilité, Abdoulaye Diop a évoqué des facteurs extérieurs, notamment les conséquences de l’intervention en Libye, qu’il considère comme un élément déclencheur des déséquilibres actuels.
Il a par ailleurs défendu la dynamique portée par la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et qui repose sur une approche combinant sécurité, diplomatie et développement. Selon lui, cette alliance s’impose désormais comme un acteur clé dans la région.
Le ministre a posé plusieurs conditions à une coopération efficace, appelant notamment à renforcer la confiance entre partenaires et à mettre fin à toute forme de soutien indirect aux groupes armés. Il a également plaidé pour des mécanismes sécuritaires conçus, financés et pilotés par les Africains eux-mêmes.
S’adressant à la communauté internationale, il a exhorté à un changement de paradigme : privilégier une collaboration « avec » le Sahel plutôt que « sur » le Sahel, fondée sur le respect, l’écoute et l’humilité.
En conclusion, Abdoulaye Diop a réaffirmé l’ouverture du Mali aux initiatives jugées constructives, tout en rappelant qu’elles ne doivent en aucun cas se substituer à l’action des États souverains de la région.