En visite en Afrique, le pape Léon XIV a vivement critiqué l’exploitation des richesses naturelles du continent, pointant une forme moderne de « colonisation » des ressources minières et pétrolières. Cette déclaration a été faite lors de son passage en Guinée équatoriale, dernière étape d’une tournée qui l’a conduit en Algérie, au Cameroun et en Angola.
Reçu par le président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, le souverain pontife a dénoncé une économie mondiale guidée par la recherche du profit, qu’il a qualifiée de destructrice. S’inspirant des propos de son prédécesseur Pape François, il a affirmé que « cette économie tue », en soulignant que de nombreux conflits armés sont alimentés par la convoitise autour des ressources naturelles, souvent au mépris du droit international et des peuples concernés.
Dans un contexte de rivalités croissantes entre grandes puissances comme les États-Unis et la Chine pour l’accès aux minerais stratégiques africains, ces déclarations résonnent fortement. Des projets d’infrastructures comme le corridor du Lobito, destiné à faciliter l’exportation des minerais d’Afrique centrale, illustrent ces enjeux économiques majeurs.
Sans évoquer directement les accusations de corruption visant le pouvoir en place, le pape a toutefois appelé à une gouvernance fondée sur l’éthique et la justice. Citant Saint Augustin et son œuvre La Cité de Dieu, il a mis en garde contre « la soif de pouvoir et de richesse » qui mène à la destruction.
Malgré ses importantes ressources pétrolières, la Guinée équatoriale reste marquée par de profondes inégalités : une large partie de la population vit encore dans la pauvreté. Un contraste qui illustre, selon le pape, les dérives d’un système économique mondial où l’exploitation des richesses ne profite pas toujours aux peuples qui en sont les premiers détenteurs.
