

Du 13 au 17 mai, la ville historique de Saint-Louis s’apprête à vibrer au son de la 34e édition de son emblématique Festival international de jazz. Devenu au fil des décennies un rendez-vous majeur du calendrier culturel africain, cet événement continue d’incarner à la fois l’excellence artistique et l’ouverture sur le monde.
Pensé comme un espace de convergence entre mémoire et création, le festival s’inscrit dans une démarche qui célèbre les racines profondes du jazz tout en mettant en lumière ses multiples évolutions contemporaines. Pour Idriss Bengeloun, président de l’Association Saint-Louis Jazz, cette musique reste indissociable de son histoire : un héritage façonné par les échanges, les luttes et les métissages, dont l’Afrique demeure un point d’ancrage essentiel.
Une scène ouverte aux talents du monde
L’édition 2026 promet une programmation riche, mêlant figures reconnues et artistes émergents venus de divers horizons. Le public pourra notamment découvrir des performances de Kuba Stankiewicz, du Orchestra Baobab, de Greg Lamy, ou encore de Momi Maïga. D’autres talents comme Leïla Olivesi viendront enrichir cette diversité artistique.
L’un des temps forts annoncés sera la venue d’un groupe originaire de La Nouvelle-Orléans, berceau historique du jazz. Cette participation revêt une dimension symbolique forte, rappelant les liens historiques et culturels entre cette ville américaine et Saint-Louis, deux ports marqués par une mémoire afro-atlantique commune.
Une ville transformée en scène vivante
Au-delà de la grande scène, le festival investira plusieurs lieux emblématiques, renforçant ainsi sa proximité avec le public. L’Institut français de Saint-Louis accueillera des concerts plus intimistes, tandis que d’autres espaces culturels de la ville proposeront des événements parallèles. Des moments de partage comme les jam sessions et les showcases permettront aux artistes et aux spectateurs de se rencontrer dans une atmosphère conviviale, faisant du festival un véritable espace de dialogue artistique.
Entre traditions locales et transmission
Fidèle à son identité, le festival mettra en avant les expressions culturelles locales. Des figures comme le Tambour-Major Khadim Niang, ainsi que les artistes traditionnels et les chanteuses de fanal, contribueront à faire dialoguer le jazz avec le patrimoine saint-louisien.
Par ailleurs, ateliers, masterclasses et rencontres professionnelles viendront compléter la programmation, transformant la ville en un véritable laboratoire d’échanges et de transmission du savoir artistique.
Une ambition internationale affirmée
Dans un contexte mondial en quête de dialogue, les organisateurs entendent positionner le festival comme un espace de rapprochement entre les cultures. Le jazz y est envisagé comme un langage universel, capable de dépasser les frontières et de fédérer les peuples.
Dans cette dynamique, Saint-Louis ambitionne d’accueillir la Journée internationale du jazz en 2027, un événement porté par l’UNESCO et le Herbie Hancock Institute of Jazz.
Au-delà de sa portée artistique, le festival joue également un rôle clé dans le développement économique local, en stimulant le tourisme et en offrant une vitrine internationale aux talents sénégalais. Plus qu’un simple rendez-vous musical, le Festival international de jazz de Saint-Louis s’affirme comme un projet structurant, au service de la culture, de la jeunesse et du rayonnement du Sénégal. Un événement qui conjugue mémoire et modernité, et qui porte, avec ambition, la voix d’un continent en pleine effervescence.