C’est officiel : La Biennale de la Danse en Afrique se tient pour la première fois au Sénégal, du 29 avril au 3 mai 2026, à Toubab Dialaw, sur le site emblématique de l’École des Sables fondée par Germaine Acogny.
Placée sous le thème fédérateur « Je danse, donc nous sommes » , cette édition met à l’honneur 25 compagnies de danse contemporaine venues de tout le continent et de sa diaspora. Mais ce qui nous intéresse particulièrement : les danses traditionnelles lébou – le Gombé, le Ngueul et le Yaba – sont à l’honneur dans cette célébration des racines chorégraphiques sénégalaises.
Les trois danses lébou à redécouvrir Le Gombé : danse cérémonielle puissante des Lébou, rythmée par les tambours ndeundé et tama, où les mouvements du bassin, des épaules et des pieds racontent des histoires de pêche miraculeuse, de guérison et de rites initiatiques. Le Ngueul : danse plus lente et fluide, aux ondulations du buste et aux pas glissés. Elle est souvent exécutée lors des cérémonies de possession par les esprits (rab). Chaque geste devient prière corporelle. Le Yaba : danse vive et syncopée, célébration joyeuse des mariages, baptêmes et retours de pêche. Les pieds frappent le sol pendant que le haut du corps flotte avec une dissociation buste-hanches impressionnante.
La voix des tam-tams : comment la sonorité guide la danse Chez les Lébou, le tambour n’est pas un simple instrument – c’est un ancêtre qui parle. Voici comment l’installation des percussions dialogue avec le mouvement : Le ndeundé (tambour grave) est placé au centre, souvent incliné. Il produit le ngeutté – son profond qui appelle le Ngueul, la transe. Les tama/toungoun (tambours aigus) disposés en arc de cercle derrière lui. Ils frappent le mbass – sec et rapide – qui déclenche le Yaba et l’euphorie collective. Le kassak (roulement continu) permet la transition : le danseur passe du Ngueul au Yaba sans perdre le rythme. Principe fondamental : « Le tambour parle, le danseur répond » .
À chaque frappe, un pas. À chaque roulement, une variation. À chaque pause, une pose. Ce dialogue millénaire entre percussionniste et danseur est l’âme même des traditions lébou. Une passerelle entre tradition et scène contemporaine a la Biennale 2026, cette mémoire vivante résonne aux côtés des créations les plus innovantes du continent. Comme le dit le thème de cette édition : « Je danse, donc nous sommes » – une affirmation que les Lébou n’ont jamais cessé de prouver, de Yoff à Toubab Dialaw, en passant par Ngor et Ouakam.
L’ouverture officielle, le 29 avril, coïncide avec la Journée Internationale de la Danse, et la cérémonie débutera par une déambulation aux percussions (tag u mbar) – un clin d’œil direct aux traditions tambourinées qui ont bercé des générations. « La Biennale est un miroir de la vitalité des scènes chorégraphiques du continent et de sa diaspora » Et les Lébou, gardiens du Gombé, du Ngueul et du Yaba, y tiennent une place de choix – fiers passeurs d’un héritage qui continue de faire trembler la terre et les cœurs.
