Trois ans après le début du conflit, le Soudan s’enfonce dans une crise profonde, marquée par la fragmentation du pouvoir et une catastrophe humanitaire majeure. Depuis les affrontements déclenchés le 15 avril 2023 à Khartoum entre le général Abdel Fattah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo, le pays est divisé entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR).
Malgré la reprise de la capitale en 2025 par les forces gouvernementales, les FSR conservent une emprise sur de larges territoires, notamment au Darfour. Le pouvoir est désormais éclaté entre Khartoum, Port-Soudan et des zones contrôlées par les paramilitaires, qui ont établi une administration parallèle à Nyala.
Sur le plan humanitaire, la situation est dramatique : des millions de déplacés, une pauvreté massive et une génération sacrifiée, avec près de 19 millions d’enfants déscolarisés. L’économie s’est effondrée, tandis que les ressources naturelles alimentent la poursuite de la guerre.
Analyse :
Le conflit soudanais n’est plus seulement une lutte de pouvoir, mais une dynamique d’éclatement de l’État. L’absence de confiance entre les deux camps bloque toute médiation, tandis que l’alignement des acteurs politiques et la mobilisation d’une jeunesse sans perspectives prolongent la guerre. La perspective d’une partition de facto devient crédible, bien qu’elle entraînerait un déséquilibre économique majeur entre régions. En l’absence de compromis politique, le Soudan semble engagé dans un enlisement durable, où la guerre devient un système autonome, difficile à démanteler.