Le retour des Bafana Bafana à la Coupe du monde 2026 intervient dans un contexte délicat pour l’Afrique du Sud. Depuis plusieurs mois, le pays est de nouveau confronté à des critiques liées aux violences xénophobes visant des ressortissants africains installés sur son territoire.
À quelques heures de leur entrée en lice face au Mexique, une question se pose : la sélection sud-africaine bénéficiera-t-elle encore du soutien traditionnel des supporters africains ou les tensions actuelles influenceront-elles leur perception de l’équipe ?
Dans plusieurs pays du continent, certains amateurs de football avouent éprouver des réserves à encourager les Bafana Bafana alors que des migrants africains continuent de subir intimidations, agressions et déplacements forcés dans certaines régions sud-africaines. Des ressortissants du Mozambique, du Zimbabwe, du Malawi, du Ghana ou encore du Nigéria figurent parmi les victimes des violences récentes.
Ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis les émeutes xénophobes de 2008, qui avaient fait des dizaines de morts et provoqué le déplacement de milliers de personnes, l’Afrique du Sud connaît périodiquement des poussées de violences contre les étrangers, alimentant un sentiment d’insécurité durable.
Traditionnellement, pourtant, les Bafana Bafana jouissent d’une grande popularité à travers l’Afrique. Mais cette Coupe du monde pourrait mettre à l’épreuve cette solidarité sportive. Sur les réseaux sociaux et dans les médias, de nombreuses voix estiment que le football ne peut être totalement dissocié des réalités sociales et politiques.
Au-delà des performances sur le terrain, le parcours de l’Afrique du Sud sera donc observé à travers ce prisme. La Coupe du monde 2026 dira si le football peut encore rassembler au-delà des tensions ou si celles-ci continueront d’influencer l’image du pays sur le continent.
