À Madagascar, la jeunesse militante se retrouve à un tournant décisif. Après une vague d’arrestations visant plusieurs figures du mouvement Gen Z, un climat d’inquiétude s’installe parmi les activistes. L’Amnesty International évoque même une atmosphère de peur, alors que les jeunes dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir en place.
Les interpellations survenues après les manifestations des 10 et 17 avril ont profondément marqué les esprits. Certains militants affirment désormais redoubler de prudence, notamment dans leurs communications numériques, privilégiant des canaux plus sécurisés pour échanger. Malgré cela, l’idée d’un retour dans la rue reste bien présente : pour eux, ces pressions sont perçues comme une tentative de museler toute contestation.
Le mouvement, qui avait contribué à la chute du président Andry Rajoelina en octobre dernier, fait aujourd’hui face à une répression plus visible. Des figures comme Herizo Andriamanantena ont été arrêtées et poursuivies pour des accusations lourdes, tandis que d’autres militants évoquent des interpellations nocturnes menées dans des conditions opaques, rappelant les méthodes de régimes autoritaires.
La société civile s’inquiète de cette évolution. Plusieurs organisations dénoncent un recul des libertés fondamentales et une utilisation accrue de chefs d’accusation liés à la sûreté de l’État pour neutraliser les voix critiques. Dans le même temps, des rumeurs de surveillance numérique renforcent le sentiment d’insécurité chez les jeunes engagés.
Sur le terrain, la mobilisation s’essouffle. Alors que des milliers de manifestants s’étaient rassemblés en 2025, les derniers rassemblements n’ont réuni qu’une poignée de participants. La peur d’être arrêté ou surveillé dissuade désormais une partie des sympathisants.
Malgré ce contexte tendu, certains militants refusent de céder. Ils affirment vouloir intensifier leur prise de parole, convaincus que le silence serait une victoire pour le pouvoir. Entre prudence et détermination, la Gen Z malgache tente ainsi de maintenir son combat, persuadée que l’avenir du pays se joue aussi dans sa capacité à surmonter la peur.
